Astr’Am’Art

Une pluie torrentielle s’abat dehors. Nous sommes tous retranchés à la maison, mon petit haricot (Je l’appelle Toutouille)(C’est trop chou) est un peu malade. Mon aîné regarde Astérix et le domaine des Dieux. Mon conjoint hiberne. Normal somme toute pour un dimanche plus vieux.

Ceci aboutira théoriquement à mon troisième article de l’an de grâce 2017. Une production triplée par rapport à l’exercice 2016. J’ai un peu parcouru le contenu déjà existant. Beaucoup grimacé, ma prose à certains moments m’apparaît rigide comme  si j’avais un bâton dans le c**. Bref, stop aux élégies.

J’écris ce présent article car j’ai envie de mettre de l’ordre dans ma vie. Je me sentais donc de commencer par ce blog.

A sa création, j’avais dans l’idée de raconter ma nouvelle aventure spirituelle (un peu comme pas mal de blog existant)(je pense à Herbwitchery, Siuloir Aisling, Scathcraft, Wicanne sorcière de ce siècle…)(Beaucoup de blog et d’auteurs qui m’ont inspirés dans mes recherches). Cependant je me suis heurtée à quelques murs, en fait à dire vrai, je ne me sentais pas dans la légitimité d’écrire à ce sujet. Mon approche spirituelle reste dans  l’observation et très peu dans la pratique. De plus vivant en Afrique, je ne voyais pas de cohérence à célébrer les sabbats (même si j’adore leurs symboliques !)(Rien à foutre je célébrerais Samhain quand même)(En fait j’adore Halloween^^). Fêter le solstice d’été en pleine saison des pluies bon. C’est moyen, nous sommes d’accord. Je ferais un article à l’occasion pour exposer mes pérégrinations à ce sujet.

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http://bitchesfrombrussels.tumblr.com/

Astr’am’art (j’adore ce nom sérieux) devait donc compter parmi la blogosphère païenne. Mais ma pratique n’étant pas mature qu’avais je donc à raconter ?

Mais voilà ma vie étant un Big Mess, ce sont plus mes coups de gueule familiaux et autres qui ont supplantés le reste. Dans le fond, c’était tout ce que j’avais à dire. Cela me fait mal de résumer Astr’Am’Art juste à ça. Au fond, je suis mal à l’aise de constater purement et simplement que tout mon être du moment et en devenir ne se résume qu’à mes racines prises dans une terre empoisonnée et marécageuse. Ce blog est juste le reflet de ce fait.

Encore ce matin, je me suis mise à pleurer… Cinq minutes après quelques ébats amoureux. Je pensais encore à ce choix déchirant que je devais faire, nécessaire certes mais non des plus faciles. On m’a toujours dépeint comme quelqu’un de lucide, parfois même trop, mais se heurter sans arrêt au déni -normal quoique frustrant de son entourage est pénible et usant. Les leçons du passé m’ont enseignés de bien violentes façons à me fier à mon intuition et à ma vision.  Pour la première fois, je tente de tenir bon car je sais et que je n’ai pas été guidée à cette conclusion par la colère ou la rancune mais bien par analyse. Bref, cet article n’a pas pour but de faire l’étalage de ce problème mais bien de définir le genre de contenu que va abriter ce blog. Je dois mettre de l’ordre dans tous les aspects de ma vie.

J’ai envie de reprendre l’écriture, j’ai envie aussi de me confier, j’ai envie aussi d’avancer sur mon cheminement spirituel, le tout sur un principe plus ou moins équitable. J’ai beaucoup de choses à dire. Qu’est ce que je peux apporter au lecteur régulier, occasionnel qui passerait par là ? A dire vrai je ne sais pas. Et je m’en excuse. Mais peut être qu’au fil des mots, ce dernier pourra trouver un écho. Peut être que je trouverai aussi dans quelle mesure je pourrai contribuer à l’avancée du monde.

Pour l’heure : charité bien ordonnée commence par soi même.

Alors voilà que va devenir Astr’Am’Art, mon sanctuaire spirituel, littéraire et personnel. Je ne me vois pas scinder tous ces aspects en créant un blog différent pour chaque thématique alors tout va être concentré sur celui là.

Certains aménagements vont être apportés pour ordonner un minima les articles de contenu différents. Je tâcherai aussi de faire preuve de plus de spontanéité et d’être moins pompeuse (perfectionnisme à la c** Bonjour)(J’agis pour te dire au revoir très prochainement). Retrouver le plaisir de faire et nourrir l’être.

 

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En tout cas, si jamais il passe par ici quelqu’un confronté à un parent atteint d’un « mal »  psychiatrique et qu’il souhaite se confier et échanger, il peut me laisser un commentaire ou m’envoyer un email (dyalunarte@gmail.com). Je trouve mine de rien qu’il n’y a pas beaucoup d’aide, de sources d’informations ou de soutien moral à ce sujet. Pour les proches je parle.

En vous souhaitant une bonne journée.

Merci

 

 

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Ecrire…

Pourquoi j’écris ? C’est drôle. Je ne saurai résumer en un mot. Dés que j’ai su lire, je me suis armée de ma plume et je me suis attaquée à des poèmes, des contes, des petites histoires sans début ni fin. De ces histoires et ces poèmes, je ne me rappelle plus le moindre mot mais je me souviens de ce sentiment d’extase, de ces moments où j’avais l’impression de fusionner avec quelque chose de plus grand, de pur et d’absolu.

Je peux dire qu’à l’époque j’écrivais pour fuguer la réalité, elle m’emplissait d’horreur à tel point elle me semblait dénuée de couleur. Terne, fade, emplie de non sens. Je me consolais dans le merveilleux, dans des mondes où tout était possible. Je pense aussi par ce qu’au fond, dans des histoires, la Quête m’apparaissait purement Logique. L’histoire se construit sur une problématique et le livre s’achève sur la résolution. Ce qui dans la vraie vie est beaucoup moins palpable.

Je me demande : « que voulais je fuir à tout prix au point de me réfugier dans l’imaginaire ? »

Était ce la vue de ma mère et du raz de marée de tristesse qui se dégageait d’elle ? Était ce la distance que mettait mon père avec le foyer ? Tout ça à la fois ? Où y avait il autre chose ? Hors de portée de ma conscience et de mes souvenirs ? Je le sais je ne peux pas avoir de réponses aujourd’hui. Au fond à quoi servirait il d’en avoir ?

Ben en fait… J’ai peur de la réponse, j’ai peur qu’elle remette en question cette chose si chère à mes yeux. Devenir écrivain est le seul rêve entièrement mien. Je ferme les yeux, je me découvre dans une demeure près de l’eau, dehors, le vent caresse ma peau et j’écris. Mon univers prends forme au fil des ratures, mes personnages prennent vie, je les découvre au fur et à mesure. Je tente de donner un sens aux souffrances et à les transcender. A cette vision, je sens chaque parcelle de mon être vibrer.

J’étais toute gosse est la Muse était mon amie. Il était si facile de s’asseoir et d’écrire, sur le banc à la récré, sous les couvertures pour ne pas réveiller ma cadette la nuit, dehors allongée dans l’herbe, dans le salon noyé sous le bruit. J’étais recouverte d’une bulle incassable et imperméable où je me sentais en sécurité. Et ce même lors de la première séparation de mes parents, de nos déménagements.

Au collège, je m’attaque à des projets plus ambitieux, des romans dépassant la centaine de pages, Harry Potter et les Six compagnons m’inspirent. Puis la Vraie Vie connait des perturbations. Mars 2002, un membre s’ajoute à ma fratrie et ma grand mère décède, Septembre 2002, une mutinerie prends d’assaut la Côte d’Ivoire, l’année 2003 se voit chevauchée de séjours plus ou moins courts en France pour arriver à un rapatriement pur et simple en Novembre 2004.

On se réfugie dans l’appartement de vacances situé à plus de 1500 mètres d’altitudes dans les alpes, à 90 kms de Nice. Nouvelle vie engendrant beaucoup de changements. D’un collège multiculturel de plus de 3000 élèves on passe à un établissement de 200. On voit notre premier hiver, on joue avec la neige. Les parents se séparent pour de bon l’été d’après.

Mais les montagnes m’inspirent, je continue à écrire, je participe à un concours départemental pour les collèges, ma nouvelle se voit nominée. A ce moment là, pour beaucoup, la lubie arborait les contours d’un volonté sérieuse. J’étais enfin prise au sérieux.

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Puis vint le lycée, la grosse débandade. J’avais mon cercle d’amis restreints mais ma bulle s’effritait. Incomprise mais je ne comprenais pas non plus le monde, ses exigences, le principe de normalité. Mes histoires, mes mondes, au fur et à mesure, finirent par se résumer à une poignée de lignes par ci par là. Plus rien de construit ni d’abouti.

Toujours autant d’idées mais ces dernières finissent asphyxiées à peine écloses. La peur m’habitait et secouait ma plume. Ma mère démarrait cette longue descente aux enfers alors que mon imaginaire s’éteignait petit à petit. Mon père refaisait sa vie avec une femme plus jeune de dix huit ans.

Aujourd’hui je suis assise et je raconte tout cela. Mon placard mental habite de nombreux cadavres et de poussières. Des personnages abandonnés, des mondes à peine formés. Depuis l’an de grâce 2012, je peine à finir un roman. Je peux le laisser plus de six mois sans le nourrir d’une ligne. Entre temps j’en ai démarré un autre… Mon imaginaire est en constante ébullition de mille et une images, seules et isolées, formant un tout incohérent.

Pourtant je rêve toujours d’être écrivain. Même si j’ai deux enfants, en concubinage et que j’ai un crédit immobilier sur le dos. Moi qui détestait les chiffres, je passe au moins douze heures par jour en leur compagnie alors que les lettres dorment dans un coin de mon esprit.

Du gâchis… Mais nul besoin de se jeter des pierres. La vie est ainsi faite et fonctionne comme une route peuplée de ses demi-tours, sens interdits, déviations, raccourcis et détours.

Je recommence à écrire mes pages du matin, ces mots jetés à la volée sortis tout droit de mon esprit au réveil. J’ai pour résolution de prendre en main ce blog, j’éprouve le besoin de rétablir cette connexion qui m’avait tant manqué. L’écriture est et a toujours été ma planche de salut.

Mais il s’agit de le faire en douceur, pierre par pierre, mot après mot, un pas à après l’autre. Avant de réinviter une Muse éconduite, il faut de nouveau la séduire. Et laisser le temps, Maître de la fatalité écrasante, faire son oeuvre. On ne peut arrêter le temps, le remonter ou en maîtriser le flux, mais nous pouvons aujourd’hui faire la différence entre aujourd’hui et demain. Même cent ridicules petits mots aujourd’hui battent la page blanche immaculée de la veille.

 

 

 

 

 

 

 

S’affranchir

Entre deux pensées,  je reviens.

Hier ça m’a pris, je suis revenue, j’ai changé le design, je venais juste de me lever, je sirotais un café soluble.
J »aime le café soluble, le café des prolétaires. Je le trouve plus accentué (et beaucoup plus efficace) que le N’sso.

Bref. Sur un coup de tête, sans rien planifier, je suis revenue. Et à part des pseudos-lamentations, je n’ai pas grand chose à dire.

Au dernier article, j’apprenais que j’étais enceinte. Aujourd’hui ce petit haricot avoisine ses huit mois d’existence, se déplace déjà à quatre pattes. Au dernier article,
je prenais conscience à tel point ma mère était néfaste pour moi; aujourd’hui elle vit chez nous après avoir tenté de passer de l’autre côté en Avril, le soir du 14. Non, je n’ai pas parlé l’année dernière de ma belle mère alcoolique ? Elle aussi vit chez nous après avoir plongé dans un coma éthylique de deux mois avec pour seul emploi du temps : boire/dormir, boire/dormir, manger/boire dormir (Ben oui mon
conjoint est fils unique et après le décès du mari l’année dernière, l’assistance sociale a su nous faire comprendre qu’on avait pas le choix, on devait accepter le colis)(la nouvelle est tombée deux semaines après la TS de ma mère)(Synchronicité Bonjour).

Vous voyez ? Oui des lamentations.  Sans parler de cette colère qui m’anime. Sans parler de cette envie que j’ai parfois de hurler à la face de M’sieur Fatalité que non
je n’apprécie pas du tout son sens de l’humour. Celui là, il a le don de nous envoyer des cadeaux de cette trempe au moment où nous sortons la tête hors de l’eau.
Mais le plus drôle dans tout ça ? Nous n’avons même pas trente ans. Et ce qui fait le plus rager  ? Que les deux sont loin d’être des mères exemplaires, mais on nous demande
de nous la fermer et d’être des enfants exemplaires et ce au détriment de notre propre rôle de parent !

[COUPURE TECHNIQUE] [MAINTENANCE ZEN]

Bref, à chaque fois que j’effleure ce sujet je pars en cacahuètes, ne vous en faites pas, je les vois venir ces rageux qui nous balancent des phrases du style « mais ce sont
vos mères », propos censés nous réconforter et nous donner du courage… Ben moi tout ce que je vois c’est que on doit payer les pots cassés, c’est qu’un huissier de la vie nous
fout dans les mains la responsabilité de leur bonheur car elles ont peur de se les salir. Mouais autant foutre du carburant dans un réservoir troué. C’est plus efficace.

Mon ainé est suspecté d’être atteint d’un Trouble du Spectre Autistique. Tout ça nous est tombé dessus quasiment en même temps. Sauf que mon fils est plus important que ma mère.
Lui n’a pas choisi d’être comme ça. Mais quand je vois à la maison comment les deux vieilles se concentrent sur leur propre malheur et comment elles cherchent à se faire materner. C’est simple, c’est
simple j’ai envie de vomir.

Mais voilà, c’est marrant la vie tout de même. Je suis quelqu’un de globalement positive même si je connais parfois des petites phases de dépressions. J’ai des rêves, un conjoint extraordinaire,
deux enfants en bonne santé et adorables. Nous avons des ambitions et des projets, je ne dis pas que tout est parfait. Mais nous avons déjà une richesse infinie. Et c’est quelque chose que nous
avons construit de nos mains. Nous en avons bavé pour en arriver là où nous en sommes et le plus souvent nos familles respectives nous ont plus mis des bâtons dans les roues qu’autre chose.
Les deux femmes qui m’ont fait le plus de mal sont dans ma maison. J’ai l’impression que le destin tente de me forcer à leur pardonner. Pour l’heure j’en suis incapable, je peux faire preuve d’abnégation
mais le pardon, non.

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Il y a certaines choses que l’on peut oublier mais d’autres non car elles nous changent à jamais. Je ne me considère plus comme une victime car j’ai réagi et agi par rapport à ces situations. Maintenant, nous entrons
dans le troisième mois de cohabitation. Et tout ce que je sais, c’est qu’il y aura un stop. C’est bête mais je sais ce qu’elles veulent, elles veulent être dispensées de toute responsabilité. Ma mère a un malaise assez ardu par
rapport à l’argent et au travail (c’est le genre de nana qui ne veut pas travailler mais qui ne veut pas se déplacer à pied) et ma belle mère arbore le parfait masque du dépendant, elle n’a jamais vécue seule et donc elle
se raccroche à son fils unique.

Sauf que nous on veut vivre et on veut batir, pas pour les poussières du passé mais bien pour nous et notre avenir. Je veux me réconcilier avec ma plume, m’affranchir de la vie de salariée, être disponible pour mes fils, leur
donner tout l’amour et toute l’aide dont ils ont besoin pour préparer leurs ailes à leur premier vol. C’est comme ça que je conçois mon rôle de mère. Mon passé est mon bagage, ma route est leur avenir.
Mais surtout nous affranchir du mal être de la génération précédente. Briser cette roue, une bonne fois par toute.

Si elles veulent rester sur le bord de la voie avec leurs larmes, leurs débris, leur colères et leurs retranchement : c’est elles que ça regarde. J’en ai fini de pleurer pour des chimères.

Sur ce, je trinque avec mon café du prolétaire.

 

La douleur de la guérison

Hey, ça fait un bout de temps non ?

Quelques lunées, des pâmoisons, des tasses de cafés, des aurores et des soleils couchés. J’ai l’impression d’être dans un tourbillon, d’observer ma vie, happée par un silence que je ne pouvais comprendre. Bref je me repliai sur moi même.

Quelques lignes à peine et déjà je m’arrête… Je cherche mes mots, une voix dans ma tête me demande ce que je suis en train de faire, quel en est l’utilité… Je ne sais que répondre et pourtant je tends à continuer.

La roue des saisons continue de tourner alors que j’ai l’impression de stagner en moi même. Pourtant ma vie est secouée de changements. J’attends un enfant, un petit deuxième aussi gros qu’un haricot pour l’instant. Conçu tout juste durant la nuit de Beltane. Je suis heureuse mais j’ai peur, un tas de questions se bouscule dans ma petite caboche.

J’ai entamée une psychothérapie, un peu par la force des choses, je suis allée voir une spécialiste à la base pour ma mère qui se laisse happer depuis un peu moins de deux ans dans une dépression sans nom. Elle n’a plus de travail et a refusée tous les postes qu’on pouvait lui proposer. Elle voulait monter un petit atelier d’artisanat, il faut dire qu’elle est douée de ses mains. J’ai toujours cherché à l’encourager tout en conservant une distance de sécurité.

Depuis ma naissance, j’ai appris et je continue d’apprendre à me préserver. Il y a parfois des personnes qui ont des pouvoirs sur nous. Ma mère en a énormément sur moi. Je ne peux passer une heure avec elle sans en ressortir complètement lessivée et vidée de toute énergie et de tout espoir.

Depuis quelques moi, sa déchéance se poursuit en crescendo. Je venais lui rendre visite parfois pour trouver son ordinateur fracassé contre un mur, les tableaux de sa mère défunte déchiquetée. Elle a créé énormément mais refuse obstinément vendre ses créations car elle ne voulait plus voir les gens. Plusieurs fois elle me sommait de m’en occuper. Je lui disais non, que je n’avais pas le temps, j’ai déjà un travail qui me pompe toute mon énergie. M’occuper de sa page facebook, faire les expositions à sa place, chercher et prospecter je ne pouvais pas le faire… Combien de fois je me suis faite insulter, je ne compte plus le nombre de tentative de culpabilisation. Quelle cruauté quand j’y pense… Incapable de faire des compromis, littéralement, elle veut le beurre, l’argent du beurre, la vache et la crémière.

Les comptes sont vides, elle lâche son appartement, se réfugie chez son père. Pour qu’elle puisse continuer à créer, il lui construit même une petite paillote dans son jardin. Mais le toit fuit. Et elle l’insulte, c’est sur il l’a fait exprès. Les antidépresseurs, elle les arrête d’un coup, du jour au lendemain. Elle se déclare bipolaire mais refuse de consulter un psychiatre.

Bref, je m’égare. Face à ce raz de marée, je prends rendez vous avec la psychologue un midi. Elle connait ma mère, elle l’a déjà vue une fois (je l’avais poussé à y aller, lui disant qu’il fallait qu’elle consulte que j’étais prête à prendre la psychothérapie à ma charge)(elle y est allée une fois, par la suite elle a annulée tous les rendez vous dans mon dos).

J’arrive dans son bureau, une petite pièce étroite, quelques jouets jonchant dans un coin, les volets fermés, baignée dans une lumière artificielle et blafarde. Je déballe tout, je me prends même à sangloter. Colère, tristesse, impuissance, désespoir. J’ai beau m’efforcer à prendre un ton calme et à exposer les faits avec logique et justesse. C’est l’enfant en moi qui prends le dessus. L’enfant frustré et en colère.

Quand elle se met à parler c’est pour me dire : « Votre mère est malade, elle a dépassé le stade de la dépression depuis un moment, actuellement elle est en train de dépasser celui de la névrose et arrive à la psychose ».

Elle m’explique par la suite qu’elle a toujours « couvé » une sorte de démence, que sa vision de la réalité a toujours été aliénée. Que c’était un être vide.

Et surtout que je ne peux rien faire, personne ne le peut, ni mon père son ex-mari, ni  son père, ni sa famille, ni elle même. C’est du ressort de la psychiatrie.  Qu’il faut que je l’abandonne et que je la laisse, que j’engage une psychothérapie pour moi. Que j’échappe à ses serres sinon je pouvais sombrer avec elle.

C’était il y a un peu plus d’un mois. Depuis je vais la voir une fois par semaine et au fil des séances je sens que ça remue à l’intérieur, je résiste, une foule d’émotions diverses et incohérentes me traverse de part en part. Je découvre que toute ma vision de moi même est faussée. Logique au fond,  la charpente de mon identité – du moins mon approche – repose sur les données prodiguées par ma mère. Or elle est malade… Depuis tout ce temps.

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Je sens la nécessité de tout détruire et de rebâtir mais la peur m’enlace… Que vais je trouver derrière, est ce qu’il y aura quelque chose à reconstruire ? Ma vie défile devant mes yeux, j’ai l’impression que tout est faux…

Parfois je me demande où est le sens de tout ça ? Arpenter la voie de la guérison tout en laissant le prix d’abandonner celle qui m’a mise au monde… La laisser dans cette noirceur continuelle me semble dépourvue de sens mais pourtant que puis je faire d’autre ?

Dans ces tumultes, j’ai découvert qu’un petit s’épanouissait en moi. Il allait avoir besoin de moi. J’ai l’impression que sa future naissance annonçait la mienne. Oh les nausées me happent ! Les sautes d’humeurs commencent et les somnolences me plongent dans une certaine passivité en fin d’après midi.

Mais il me rappelle… L’espoir ne nous abandonne jamais… La vie appelle la vie. Je dois protéger mon foyer, cette bulle réconfortante où mes enfants vont s’épanouir et grandir. Et pour protéger cela, je dois me protéger moi même et guérir.

C’est dans la guérison que la douleur prends tout son sens.

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Hit the road Jack

Source : http://www.androidtapp.com

« Lui et moi on se connait depuis longtemps, je ne me rappelle plus très bien à quel moment on s’est rencontré. Les premiers ressentis  le concernant, aussi loin que je m’en souvienne, je devais avoir dans les douze ans, un peu après le décès de ma grand-mère maternelle.

Pourtant ça ne m’étonnerait pas si il me disait « Minette, j’te connais depuis l’époque où les effluves de tes couches chatouillaient avec violence mes narines ». Car au fond, solitaire en apparence, cette fillette que j’étais, assise sur son banc, un livre dans les mains, l’esprit déjà ailleurs, ne s’est jamais sentie seule.

Je lui ai donné tous les noms, toutes les définitions possibles. J’ai pensé d’abord à un esprit s’improvisant ange gardien, dans la lumière et dans la pénombre, il veillait sur moi ou me surveillait, je ne sais pas vraiment. Lors de mes épopées créatives, là ou une fièvre d’inspiration  enlace et  étreint, vos sens en communion vers un seul objectif : créer, donner forme.  De la manière dont  je le sentais sourire, un petit rictus en coin, j’ai finalement pensé à une muse.

Cependant, il s’est passé une chose une fois le mot fin donné à mon deuxième roman à l’âge de quinze ans : je n’ai plus Ecrit. Pourquoi une majuscule ? J’écrivais oui, mais je n’ai plus été capable de mener une histoire jusqu’au mot « FIN ». Mes écrits se résumaient à des ébauches de textes couverts de ratures. Oh ! Et puis je ne sais pas pourquoi tous les projets que je commençais je finissais par les perdre, un petit carnet moleskine relatant un univers de vampires et crise de foi religieuse, un fichier word arborant trente pages ayant survécus à la touche delete miraculeusement lors de la rédaction, effacé pour défaut de disque dur… Et parfois l’inverse se produisait aussi…

Plusieurs fois, en faisant entre autres du rangement, il m’arrivait de tomber sur des textes dont je ne me rappelais absolument pas avoir écrit. Sans queue ni tête pour la plupart mais avec… Une justesse aiguisée, un assemblage de mots… Parfait… Trop parfait pour que cela vienne de moi. Et pourtant… C’était bien mon écriture. J’avais tapé les textes dans google pour voir d’où ils venaient. Nada. L’option restante- la plus effrayante aussi ? Ca venait bel et bien de moi.

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Vers 17 ans, je lui ai donné ou découvert son prénom. Jack, aussi malicieux que Jack Sparrow, aussi vif et reconnaissable que le Jack Daniels, tordu comme le jeu de Jack Nicholson, aussi sauvage et primitifs que les écrits de Jack London. A ce moment là il était un esprit , le gardien de mes univers, ceux que je cherchais à préserver par tous les moyens.

Cette période a duré quelques années, une longue errance tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, je me résumais à mes choix de vie et je me suis prise des murs à bien des niveaux. Puis à un moment, il a disparu. Et il a refait surface, un peu après la naissance de mon fils, alors que mon couple entamait sa longue descente aux enfers. A un moment où j’étais dépouillée de toute possibilité, mon avenir me paraissait, non pas noir mais terne. Je venais de me prendre des gifles. Mon univers entier semblait s’écrouler et j’étais littéralement pétrifiée de devoir tout reconstruire… D’échouer encore une fois…

Il est revenu en claquant des portes, en me soufflant dans la nuque lors de longues insomnies mais aussi… En m’envoyant des rêves… Moi qui ne rêve que très rarement (je ne m’en rappelle que d’un par an à tout casser). Chose de changée : pour la première fois je le voyais physiquement.

Petit, d’une carrure maigre opposée à un visage rond et des joues proéminentes, très pâles, un sourire étendu et figé. Des yeux jaunâtres, rieurs et un regard sauvage. Une tête nue arborée de touffes de cheveux longs (si vous voulez visualiser : pensez à un désert parsemé de cactus,imaginez que le désert soit une tête chauve et remplacer les cactus par des boucles de cheveux).

Voilà, je vous présente Jack. J’ai éssayé de le définir moult fois, de le faire rentrer dans une case logique et pragmatique. Qui est il ? D’où vient il ? Que veut il ? Des questions futiles. Muse, esprit ou sombre partie de moi-même ? Bâtisseur ou Destructeur ? Je pense… Pour résumer… Il est tout ça à la fois…. Et rien de tout ça en même temps.

Il m’accompagne depuis toujours, invisible mais jamais absent. Son retour dans ma vie a marquée le début d’une aventure dans mes propres bas-fonds, celle dont je vais tenter de vous narrer en douceur (je ne veux pas vous faire fuir^^). .. Mais aussi le retour de mon instinct créateur.

La Montée de la Lune

Je la sens, elle s’élève, grimpe, survole et domine. La Dame Ronde, avec sa blancheur et ses grisailles sur le point de surplomber l’ombre. Dame la Lune, d’avance je vous souhaite la bienvenue.

Hier soir, en sortant du boulot, 17h32 minutes, je l’ai vue, le ciel ne s’était pas encore empourpré, encore vêtu de sa toge azure. Elle était déjà là, annonçant la nuit, annonçant le sommet de son cycle.

En l’observant, j’ai prenais conscience que j’avais toujours été sensible à son approche : nuits agitées, sommeil de plomb, émotion en montagne russe, énervement, agacement, humeur friable…

D’ailleurs je le vois au boulot, tout le monde est sur les nerfs, irritable et irrité, limite apathique.

Et pourtant le tout premier poème que j’ai écrit du haut de mes sept ans, je le lui ai dédié. Marchand(e) de sable de la gamine que j’étais, guide bienveillant à l’heure où sonnaient les ombres.

Mais plus que ça : elle était et est toujours ma Muse avec un M majuscule ouais ! Tout comme elle l’est aux yeux de myriades d’artistes je présume. Je pense à ce bon vieux Baudelaire et son poème « les Bienfaits de la lune » (Sérieux je l’adore ce poète, je savoure chaque paradoxe dans ses vers et ses proses).

Bref, revenons à nos moutons, je suis un oiseau de nuit, j’aime trainer, réfléchir, écouter de la musique, laisser mon cerveau droit prendre complètement le relai pendant que le soleil se repose. C’est dans le creux du voile nocturne que j’arrive à écrire dans un état de transe, au-delà des mots, des images… De la Réalité.

Enfant, je passais ma journée à rêver mais c’était la nuit, sous l’influence de Dame la Lune que j’arrivais à donner forme à ses rêves que ce soit par des mots ou la peinture.

J’aime l’observer, digne, mystérieuse et aimante. Elle est à la fois la lumière apaisante dans le sein de la nuit, la révélatrice de l’inconscient, nos désirs, nos frustrations. De surcroit elle les tire des profondeurs avec une puissance telle… Des conflits endormis s’éveillant en sursaut, les larmes remontant des abysses.

C’est dans cette nuance que je comprends l’analogie avec la figure de la Mère. Celle qui sait, celle qui nous pousse et nous tire à évoluer au-delà de nos retranchements. Déesse Mère nous poussant à notre tour à donner naissance à ce qui est en gestation… Processus non sans douleur toutefois.

C’est étrange, je sens, cette remontée d’odeurs de chocolat et des roses du jardin de mes grands-parents, des musiques de gospel et de blues claironnant à mes oreilles intérieures, les saveurs de purée de pomme de terre, les bulles s’envolant dans le jardin, ces promenades en forêt avec mon grand-père où je cherchais les loups endormis, ces pièces de théâtres que j’orchestrais durant les vacances d’étés, les coquillages ramassés sur la plage, les contes et légendes du monde nourrissant mon imaginaire, ces trajets de voitures baignés dans les devinettes et les charades, mes doigts pleins de peintures, des sauts sur un trampoline.

Mais surtout, une soif, de magie, de féérie, une envie de retrouver mes compagnons de rêves de reprendre les armes plus fermement : mon pinceau, ma plume, mes mots. L’enfant dormant en moi se réveille, de plus en plus intensément, des bas fonds il s’élève. Et ce alors que la Lune des Sorcières  arrive au sommet de son règne.

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L’enfant Intérieur

L’enfant en moi a peur. Il est déboussolé, il est perdu et troublé. Son cocon est fragilisé, son cœur ébranlé.

Je voudrais lui indiquer la route mais je ne suis pas sure de la connaitre moi-même.

Tout ce que je peux faire c’est le prendre par la main et l’inciter à avancer.

Dans quelle direction me demanderait-il, je lui répondrai :

« où il te plairait d’aller, à l’Ouest où se dressent les montagnes hautes et fières, la neige recouvre les sommets , elle est éternelle parait-il, vers l’est sommeillent les vertes plaines, les fleurs la recouvre, leur parfum résonne au gré du vent, les cigales chantent au crépuscule. Au nord gronde la mer, elle danse avec la lune, le sable est d’or le jour, argent la nuit, les écumes sont douces. Les rires fusent avec les vagues, dans le creux des coquillages reste gravé son chant. »

« Et au sud qu’y a-t-il ? »

« Derrière toi, les forêts se tiennent, elles sont dévastées par la tristesse, la haine et la colère. Des paysages qui ne sont plus comme les échos des étoiles déjà éteintes quelques années lumières passées. Ce ne sont que des cendres s’acharnant contre la mort elle-même et cherchant à se raviver. »

« C’est triste »

« Oui et non, il s’agit d’un cycle, écoute le vent se lève, les cendres vont en profiter pour en suivre le fil et se disperser. Que ce soit vers les montagnes, les plaines ou la mer, peut être renaîtrons t-elles. »

« Si elles le veulent. »

« Oui. »

« Que se passera t-il si je reste ici ? »

« Rien. Tu pourras observer la montagne sous un ciel découvert, tu pourras entendre le chant de la mer et en sentir les effluves des fleurs dansant le long des plaines. Tu ne pourras point voir les couleurs des fleurs, gouter au sel de la mer, ni sentir la neige fondre sous tes doigts. »

« Par contre les cendres te rattraperont,. Leurs complaintes arracherons tes larmes, leurs nuées enserreront ton cœur et feront naître au sein de tes entrailles des braises de haines et des volutes de regrets. »

Ses yeux viennent rejoindre le sol, l’incertitude s’éprend de sa posture. Je me met à sa hauteur et l’enserra de mes bras. Tout comme lui, je ne suis pas rassurée, tout comme lui je ne sais pas quel est le meilleur choix.

« Par où veux tu aller ? »

« Je ne sais pas. »

« Laissons nous guider par le soleil alors, prends ma main, je serai ton guide, je serai la flamme de la bougie guidant tes pas et te rappelant que tu n’es pas seul. Maintenant je t’ai retrouvé et point je te laisserai. »

L' enfant intérieur
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